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 Parce que vous aimez ne pas savoir à quoi vous fier

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Irina Krasnova

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MessageSujet: Parce que vous aimez ne pas savoir à quoi vous fier   Ven 27 Juil - 23:02

Personne n’est réellement ce qu’elle prétend être. Car on a toujours quelque chose à cacher, toujours quelque chose à garder jalousement pour soi, pour tromper son monde ou bien pour mieux se tromper soi-même. La dernière option étant celle la plus répandue dans le genre humain, elle leur confère une partie de ce grand pathétisme qu’est leur vie. Rares sont ceux qui savent faire fructifier leur secret, leur vrai visage agissant dans l’ombre de leur façade si lisse. Et ces personnes-là sont sans nul doute celles qui peuvent au mieux divertir Irina par leurs petits jeux de manipulation auxquels elle adore leur damner le pion.

Alors quand on est curieux et avide de faiblesse on se pose toujours la question au détour d’une rencontre, après avoir été présenté à un parfait inconnu, qu’a-t-il à cacher ? Qui a-t-il derrière ce visage affable et courtois ? Qui est réellement cet homme ? Un jeu d’autant plus amusant lorsque l’on sait pouvoir avoir une longueur d’avance sur ces personnes rapidement.
Un sourire moqueur vissé aux lèvres, Irina regardait les rues défiler sous son regard, confortablement installée qu’elle l’était sur la banquette arrière d’une de ses voitures de sortie, énième berline noire aux vitres teintées. Une ancienne mode que peu de gens pouvait encore s’offrir, mais elle prenait un malin plaisir à rappeler au monde qu’elle faisait partie de ces privilégiés.

Aujourd’hui elle menait une petite vendetta sous le couvert d’une visite officielle chez un gradé de la ville. En effet pour tous elle devait s’entretenir avec le chef militaire de la ville concernant les procédures de sécurité à appliquer selon le vouloir de leur dirigeant. Ô certes ils allaient aborder le sujet mais ils allaient passer rapidement à la partie chantage.
Des mois qu’elle traquait les faits et gestes de cet homme dans l’espoir d’obtenir quelques choses contre lui. Des mois de filature en tout genre qui auraient presque pu faire croire qu’un homme pouvait être blanc comme neige. La nature humaine néanmoins avait toujours des failles. Elle allait exploiter chacune d’entre elles jusqu’à trouver ce qu’on lui cachait sur le meurtre de son père.

Elle jeta un dernier coup d’œil aux documents posés sur ses genoux avant de les ranger dans son sac. Car oui il était l’heure du grand top départ. La jeune politicienne descendit par la porte que son chauffeur lui avait soigneusement ouverte et parti à l’assaut des marches qui la mèneraient vers une des étapes de sa vengeance mais aussi, il lui fallait bien l’admettre, vers son passe-temps favori. Dire qu’elle fit une apparition remarquée était presque un euphémisme tellement son allure conquérante et bourgeoise détonnait dans le décor typiquement militaire de l’institution. Mais ne vous inquiétez pas ceci était bien le but de la mise en scène. Irina venait d’atteindre le sommet de la chaine politique, du moins en apparence, et beaucoup de personne ne la prenait pas encore au sérieux à cause de son âge. Elle voulait donc que toute la ville soit au courant de sa venue et de son implication, même s’il y avait méprise sur celle-ci.

Si elle avait pris le soin de se faire remarquer par les personnes présentes dans le hall, elle n’avait en revanche pas l’intention de s’y éterniser. Faire une apparition rapide était le plus sûr moyen d’activer les rumeurs. Irina se dirigea donc immédiatement vers l’accueil. L’homme s’y trouvant devait être à peine plus âgé qu’elle et posait sur elle un regard insistant mais pas assez éveillé pour être scrutateur. Il mit même quelques fractions de secondes avant de répondre à la question qu’elle lui avait posé, à savoir où se situait le bureau du général de la ville.

L’indication en poche elle se dirigea directement vers l’ascenseur sans attendre son reste. Au bout de plusieurs dizaines d’étages et d’interminables couloirs sans vie elle dénicha enfin ce qui l’intéressait.

Elle posa un instant un regard satisfait sur la porte qui portait la petite plaque dorée. Elle pouvait déjà sentir la présence de l’homme derrière la porte et en tendant un peu l’oreille elle entendait aussi le bruit familier du brassage de feuilles de papier et quelques jurons étouffés. Elle aurait pu lever les yeux au ciel si seulement elle avait eu un public mais elle se contenta de frapper trois petits coups discrets mais secs sur le montant du bois qui lui parut de fort bonne qualité à la résonnance.

Pensée étrange alors qu’elle n’attendait pas d’autorisation pour entrer et posait sa main sur la poignée qu’elle activa dans le même mouvement. Entrant tel un courant d’air aux reflets de velours, elle s’introduisit dans l’antre personnel du militaire et prit soin de refermer la porte sans bruit, le tout avec une attitude des plus naturelles. Apparence quand tu nous tiens. Et son regard intense rencontra enfin son homologue alors qu’un léger sourire amusé effleurait ses lèvres.

Bien le bonjour Général. Nous avons beaucoup de choses à traiter ensemble.


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MessageSujet: Re: Parce que vous aimez ne pas savoir à quoi vous fier   Sam 28 Juil - 11:19

Le Général Drevan Bhenner, un homme qui n’est pas né de la dernière pluie est un militaire d’exception qui a pendant longtemps fait partie des privilégiés de l’aristocratie Illioniène. Responsable d’un grand nombre de mesure de répression à Shae, il est capable de faire régner l’ordre d’une main de fer, tout autant qu’il peut lâcher la bride de la population.
Son statut étant celui d’un militaire de haut rang, il fait partie du Conseil de Shae, et la visite de la jeune Krasnova n’est pas un évènement inattendu dans son agenda.

Lorsque la jeune femme pousse la porte, c’est un bureau bien agencé qui s’offre à elle. Une salle circulaire, dont l’autre extrémité est occupée par un meuble aux formes arrondies taillé dans un matériau coûteux qu’est le plastacier, nouvelle avancée technologique, à la fois souple et résistante, existant à plusieurs stades de fabrication. La pièce est décorée par quelques diplômes, des photos du Général en compagnie d’autres personnalités politiques, dont le père d’Irina. Le général est un homme fier de son parcours, cela se voit sur les murs, mais aussi extrêmement proche de sa famille, quelques photos de son épouse et de ses enfants sont encadrées et apposées contre le mur.

Au bout de la pièce, à une demi-douzaine de mètres, se trouve le général, affairé sur son bureau. Il ne réagit pas à l'arrivée d'Irina, continuant de surligner quelques dossiers tout en ruminant une forme de colère. C'est uniquement lorsque la belle demoiselle daigne prendre la parole, qu'il s'arrête avant de poser les yeux sur elle. Aucun sourire, aucun plissement de paupières, simplement une chaise que l'on recule et une main que l'on tend, en signe d'invitation. Conseillère Krasnova, dit-il en faisant le tour de son bureau, faisant ainsi quelques pas en direction de la demoiselle. Je vois que vous avez amené avec vous les dossiers dont nous devons discuter. J'ai reçu quelques directives de la part de notre dirigeant bien aimé. La situation se fait de plus en plus déplorable vous savez.. Si Irina lui sert la main, c'est un sourire qui s'affiche sur son visage, sinon, il reste impassible et lui fait signe de prendre place sur un des magnifiques canapés en cuir qui ornent la pièce. Chefs d’œuvre d'un temps passé que seule l'argent permet de garder en état à coup de restauration régulières. Vous souhaiterez peut-être que je vous serve quelque chose pendant que vous préparez les documents ? demande-t-il en appuyant sur une série de boutons à son poignets. Combinaison qui fait instantanément s'ouvrir un bar aux côtés du Général, laissant ainsi apparaître quelques alcools plus ou moins fort, du drin de Vakaria jusqu'au Vain de Titos1 en passant par la Vaudka² d'Avae. Des boissons d'une haute qualité qu'Irina a la chance de pouvoir consommer à loisir, mais qui restent un véritable plaisir pour le corps.

Derrière le Général, c'est une grande vitre donnant sur Shae qui apprait, les vitre teintées devenant moins opaque. La vue est impressionnante, le bureau se trouvant tout de même à près de cent-soixante mètres du sol. Des agravs passent à quelques dizaines de mètres de la vitre, au loin, on peut voir la tour du Conseil qui s'impose sur la ville aux textiles. L'étoile la plus proche tape doucement sur la ville en cet été, mais la chaleur ne se fait pas ressentir dans le bâtiment qui est équipé d'une climatisation de haute technologie.

Au fait, comment va votre mère ? Depuis les fâcheux évènements qui vous ont propulsé à votre place actuelle, je n'ai eu l'occasion de la rencontrer.. A l'exception de l'enterrement de votre père.. se permet-il de demander d'une voix rude, mais qui n'est pas pour autant dénuée de compassion.




1> : Tu auras bien entendu reconnu la ressemblance avec le Vin
² : Même chose pour la Vodka !


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Irina Krasnova

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MessageSujet: Re: Parce que vous aimez ne pas savoir à quoi vous fier   Mer 1 Aoû - 16:24

Cette rencontre débutait sous de bons hospices, du moins Irina en était-elle satisfaite car, soyons réalistes, un jouet qui n’a pas de caractère n’est rien de plus qu’un objet encombrant. Alors être ignoré pendant un instant n’était pas cher payer pour un comportement qui laissait présager une suite qui pouvait se donner la peine de devenir intéressante. Bien qu’on pourrait se dire qu’une personne a comme qualité innée la patience, on se retrouve à constater qu’elle parvient en fait simplement à déterminer lorsque la patience est utile ou non. Les vertus sont pourtant bel et bien innées et ne s’apprennent pas, aucune personne au monde ne pourrait se targuer d’en avoir acquis aucune de son propre fait. Alors non, vous n’irez pas lui apprendre ce qu’est la patience de même que vous ne lui apprendriez pas la pitié. Les vices sont eux aussi innés et ne font que se dissimuler derrière des simulacres de qualités. Ce qui revient à dire que tout penchants, qu’il soit considéré comme bon ou mauvais, devient une vertu dès lors qu’il est savamment exploité et affiché. Ou comment « faire feu de tout bois ».

Conseillère Krasnova.

Elle n’avait pas quitté l’homme des yeux, son regard amusé suivant le moindre de ses faits et gestes, s’attardant sur le visage où des vestiges difficilement indentifiables d’émotions flottaient en filigrane. Elle lui rendit son sourire affable après lui avoir serré la main. Tant d’effort rien que pour sa petite personne, elle aurait presque été touchée par tant d’attention. Elle s’installa donc avec toute l’élégance due à son rang, faisant par-là honneur à son hôte. Honneur qu’elle ne poussa pas plus loin et déclina savamment l’offre du militaire. Elle et l’alcool faisaient pourtant très bon ménage, l’Illionnaine savait apprécier les breuvages à leur juste valeur. Seulement refuser, en ces circonstances, avait pour elle un arrière-goût de dédain non négligeable.

Au fait, comment va votre mère ? Depuis les fâcheux évènements qui vous ont propulsé à votre place actuelle, je n'ai eu l'occasion de la rencontrer.. A l'exception de l'enterrement de votre père..

Belle entrée en matière, ils en étaient donc au jeu des mondanités. Elle devait lui reconnaître un très bon jeu d’acteur. Elle aurait pu lui répondre immédiatement mais elle préféra prendre faussement son temps en sélectionnant les documents qu’elle allait sortir de son sac. Bien sûr elle n’en extirpa que ceux nécessaire à la mise en place des nouvelles consignes de sécurité.

Croyez bien que j’apprécie votre considération Général. Cependant il me semble que ce ne soit ni l’heure ni l’endroit adéquat aux états d’âmes.

Le ton de conversation, bien que sérieux, contrastait pour une fois avec le froid sec de l’extérieur par sa douceur et sa délicatesse. Un ton qui allait être compensé par un sourire en coin répondant à son homologue alors qu’elle reprit la parole.

Ma préoccupation première en ce moment concerne nos effectifs pour la mise en place des mesures. Nous devons trouver des solutions pour assurer le respect du couvre-feu et les recherches actives de front.

Loin d’elle l’envie d’asticoter le Général mais les chiffres étaient clairs. Ils n’avaient pas assez d’homme pour assurer les nouvelles mesures dans des conditions optimales. Elle n’avait pas inventé le problème et ce n’était tout de même pas sa faute si la personne en charge de la gestion des effectifs se trouvait actuellement en face d’elle.

Certes elle voulait jouer avec l’homme, prudemment pour le moment mais la confiance vient avec l’expérience. Bientôt elle espérait corser le jeu, si tout du moins le militaire tenait jusque-là. Cependant elle n’était pas si narcissique qu’elle ne se méfiait pas de cet homme d’expérience près à agir lorsqu’il se sentait menacé.

L’ensemble du conseil compte sur vous pour réagir face à cette constatation en ce qui concerne votre domaine. Il serait évidemment ennuyeux que notre dirigeant ai vent de nos difficultés à gérer notre propre ville et à exécuter ses ordres.

Et derrière la forme et la délicatesse, la menace n’en était pas moins présente. Une menace pas encore personnelle car elle lui était adressée par le conseil dans son ensemble.
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MessageSujet: Re: Parce que vous aimez ne pas savoir à quoi vous fier   Mer 1 Aoû - 18:13

Bien que d'une apparence fort impressionnante, le général ne semble pas gêner la jeune conseillère qui décline sa proposition sans inquiétude. Un éclair de déception s'invite sur le visage du général l'espace d'un instant, avant qu'il ne se serve lui-même un verre de Ouisky. Le liquide, contenu dans une magnifique bouteille en cristal, semble briller d'un éclat rougeâtre. Ce miroitement s'aventura sur le visage d'Irina tandis que le Haut-Général laissait le nectar ruisseler hors de sa prison. Cette bouteille m'a été offerte par feu votre père justement.. Il avait la particularité de toujours savoir comment flatter les hommes. J'ignore s'il vous a transmis ce don. C'est bien entendu une provocation dissimulée derrière une flatterie à l'égard du défunt père de la conseillère.

Le stratège l'observe d'un regard amusé, d'un naturel taquin lorsqu'il est en présence de personnes de son rang, il est même un véritable agitateur. Cependant, il sait s'y prendre, et il sent une légère brise lui indiquer que le vent tourne. La façon dont la jeune femme amène les informations ne luit plait pas vraiment, et s'il fronce les sourcils lorsqu'elle évoque la possibilité que leur dirigeant soit informé de leur incapacité à gérer leur ville, ce n'est pas parce qu'il craint les remontrances, mais plutôt que ce rappel à l'ordre soit fait par une conseillère fraîchement nommée. Soigneusement en retrait derrière son verre, Drevan Bhenner est en pleine élaboration d'une réponse. Il connait la réputation de la jeune femme au parcours politique peu orgueilleux. Propulsée à son rang à la mort de son père, il regrette que le système politique autorise ce genre de succession improvisée. Mais il connait aussi son passé de trublion. Un trublion aux faux airs d'ange.

Simplement, son verre s'abaisse, et après avoir dégusté sa gorgée il riposte d'une voix ferme sur un terrain plus neutre mais qui lui procure l'avantage. Concernant le couvre-feu, nous sommes actuellement en sous-effectifs dans nos brigades de patrouilles nocturnes, et je m'oppose au transfert d'unités diurnes. Toutefois, les effectifs en formation seront prêts dans 19 jours, il nous sera alors possible de les affecter automatiquement aux contingents de nuit. Une autre possibilité serait de réduire le nombre d'effectifs par brigades, mais d'en agrandir le nombre afin d'accentuer la sensation de présence dans la ville. Cela pourrait se réaliser en.. Prélevant un effectif sur cinq brigades différentes afin d'en créer une nouvelle, nous pourrions ainsi accroître le nombre d'unités présentes à un même moment d'environ.. 25% ? C'est un chiffre qui me parait raisonnable compte tenu de la situation. Et ceci bien entendu sans compter l'arrivée de nos nouvelles recrues qui devront être affectées à une unité expérimentée. Haussant un sourcil, en quête d'une réaction chez la jeune femme, il humecte ses lèvres avec le Ouisky avant d'ajouter. Il est temps que vous me montriez ce que vous avez préparé. Le Général ne semble pas avoir perçu le jeu de la Krasnova, mais il lui renvoie la balle. Lui étant là uniquement d'un point de vue professionnel.


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Irina Krasnova

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MessageSujet: Re: Parce que vous aimez ne pas savoir à quoi vous fier   Ven 17 Aoû - 21:02


Elle aimait tellement jouer et provoquer qu’elle aurait presque sourit de voir à quel point l’homme entrait dans son jeu avec assurance. Presque seulement car il n’était plus question que de son plaisir personnel désormais. Quoi que la vengeance pouvait être elle aussi considérée comme un plaisir. L’affaire était juste plus sérieuse qu’un simple amusement.

Il y avait tout de même un point qui l’amusait grandement. Les gens pensaient aveuglément la famille Krasnov aimante et sentimentale. Son père et sa mère étaient de meilleurs comédiens qu’elle ne serait surement jamais. Une face pour le monde et une face pour le privé. Ainsi on pouvait penser affaiblir la famille en l’amputant d’un de ses membres. La réalité était bien moins reluisante. Les Krasnov ont pour règle de ne pas s’attacher les uns aux autres ni d’éprouver des sentiments superflus. Combien de fois son frère et elle avaient-ils fauté sur ce point ? Elle ne comptait plus le nombre de correction qu’ils auraient pu endurer si leurs parents étaient venus à le savoir. Mais le couple parental avait au moins réussi à inculquer une chose à leurs enfants : ne pas tenir à eux. S’en prendre à un Krasnov s’est déclencher la fureur froide de la famille face à un affront. Une fureur contrôlée et diablement efficace.

« Son don peut-être pas. Nous n’avions pas les mêmes armes de toute façon. »

Jouer sur la modestie était pourtant une arme peu appréciée par la famille. On concédait son utilisation en de rares occasions mais était de ce fait toujours sujette à un profond dégout intérieur. Contrairement à ses affirmations, Irina et son père avaient une palette bien remplie d’armes communes. Seulement elle était une femme, jeune de surcroit, et à ce titre on la voyait déjà utiliser les charmes et manipulations féminines pour arriver à ses fins. Laisser le monde penser qu’elle était aussi débutante que naïve était une tactique qu’elle avait déjà employé dans le domaine privé et qui avait porté ses fruits. Irina avait un personnage de scène adaptable. Aujourd’hui elle était la jeune femme à peine sortie du berceau, de l’avis de ses collègues, qui commençait à sortir ses griffes de chaton.
Elle devait d’abord en finir avec le sujet abordé en excuse à cette visite avant de passer aux festivités.

« Il est évident que le délais de 19 jours sans action n’est pas envisageable. J’ai peur que réduire le nombre d’agents par équipe afin d’augmenter le nombre de celles-ci ne soit une solution à double tranchant. Même si cela nous permet d’augmenter le nombre de patrouille sur le terrain, le processus expose notre faiblesse aux yeux observateurs. »

La jeune femme aurait pu laisser le temps au général de prendre en compte cet argument, mais elle ne voulait justement pas lui laisser le temps de trop réfléchir. C’est pourquoi elle enchaina son monologue tout en faisant glisser la paperasse sur le bureau en direction de l’homme.

« Je me suis permise de consulter votre banque de données actives pour vérifier le nombre d’homme actuellement en permission. Leur nombre ne suffit pas à combler notre lacune entièrement mais cela nous permettrait de commencer à palier. Je propose de combler le manque restant par une sélection des meilleurs éléments en formation. Mettez les avec vos meilleurs éléments de terrain et présentez leur cela comme une récompense pour leur travail acharné. »

Sa proposition était facilement parable par le général mais elle avait le mérite d’être réfléchie. Irina avait rempli son devoir de conseiller. Que l’homme fasse comme ça lui chante, elle n’en avait cure. Elle saurait présenter les choix faits aux autres conseils d’Illion de la meilleure manière. Elle en avait assez de parler des citoyens et de leur sécurité. Il était temps d’être égoïste.

« La décision finale vous revient et je suis sûre que vous ferez au mieux avec toutes ces cartes en main Général. »

Elle avait sciemment utilisé le titre de l’homme pour lui montrer qu’elle savait garder sa place et se montrer respectueuse. Le calme avant la tempête d’une certaine manière.

« Cependant j’aimerais parler avec vous d’autres cartes. »

La jeune femme plongea une nouvelle fois la main dans son sac pour en extraire cette fois l’enveloppe contenant les photos. Photos qu’elle prit le temps de légèrement sortir de leur étreinte avant de poser le tout sur la table. Le temps que l’homme s’en saisisse et mesure la situation, elle observa la vue que donnait le bureau sur l’extérieur. Sans quitter sa contemplation elle reprit son propos.

« Je ne demande aucune explication sur ceci. Je suis venue chercher une autre vérité Général. »

Elle décida de ne pas l’éclairer plus sur la raison de ce chantage pour le moment. Elle devait d’abord juger la réaction du l’homme face à cette démarche dangereuse pour elle comme pour lui. La seule longueur d’avance qu’elle se savait avoir : tous étaient au fait des actions commises dans sa jeunesse, du moins une partie. Ce n’était un secret pour personne que la jeune Krasnova avait nagé en eaux troubles. Seulement personne ne savait exactement jusqu’à quel point. En ce point elle se savait hors d’attente des foudres du Général.

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MessageSujet: Re: Parce que vous aimez ne pas savoir à quoi vous fier   Jeu 13 Déc - 18:31

Les doigts calleux du militaire serraient fermement le verre de Ouisky. L'objet semblait composé d'une matière parfaitement ouvragée, probablement un dérivé plus solide du cristal, quelque chose d'onéreux et de difficile à se procureur. Toutefois rien n'est difficile lorsque l'on est à la tête de la sécurité d'une des villes les plus importantes de la planète. Une ville au passé glorieux, et à l'avenir brillant, si tout se passe comme prévu. Le Général semble écouter les paroles de la conseillère avec attention, mais il a toutefois une certaine appréhension de ses propos. Se retrouver catapultée au conseil de Shae à 29 ans est extraordinairement rare, et le Général craint qu'elle ne soit pas totalement neutre dans ses actions. Mais qu'importe, lui fait son travail et est intègre, ce qui est l'essentiel.

Je tiendrai compte de vos propositions. dit-il en notant quelques mots sur une tablette intégrée au canapé. Je pense que les unités retrouveront leurs capacités d'ici deux jours. Cette situation est agaçante, et j'espère que ces mesures sauront calmer le jeu.

Tandis qu'elle plonge sa main dans son sac pour chercher son enveloppe, le Général prend une nouvelle gorgée de Ouisky. Toutefois, lorsque les photos sont révélées, il s'immobilise, seuls ses yeux témoignent d'un affolement intérieur. Il pose doucement le verre sur le bord de la table basse et se penche sur les photos. L'esprit du Général s'emballe, se demandant comment cette bonne femme a pu prendre ces photos de sa fille. Et surtout quand est-ce qu'elle les a prises. Il les pousse du bout du doigt vers Irina et la foudroie du regard.

De quels droits vous permettez-vous de prendre de telles photos ? Ceci.. Ceci est une atteinte à la vie privée de mon enfant. Et.. Et vous n'êtes en aucun cas autorisée à entrer en cette possession ! Le ton jusqu'alors calme et serein du général se fait plus énervé, et l'on sent qu'ici une corde sensible a été touchée.

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